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About

(ENG) Between trace and image

At the beginning of the process, I « disarm » the canvas / the board (hard surfaces for the use of squeegees, brushes, brooms and trowels) with a destructive gesture in order to start « outside » the idea of painting, where a surface doesn’t need to become an image. These primary gestures are a refusal of the skills and idea of image-making embedded in painting.

From this first destructive stage, I start building the image in negative, hiding some fragments on the surface, layer after layer. Finding inspiration in random objects (encyclopaedic books, family photographs, images from the web), I introduce the figure at the end to form an image.

In this process, I feel that I’m crawling back from a state of annihilation towards an intelligible, a more secure constructed space.

 

A documentary approach inherited from the workshop

Along with my painting practice and with a shared interest for the aesthetics and concept of « periphery », I explore questions of personal/historical memory and identity with video.

Created largely from fragments, I imagine the video-process as movement between the necessity of questioning the medium (a criticism inherited from the English structuralist movement) and the desire to embrace them (storytelling, framing, constructing images). In this approach developed for long-term documentary projects, the production stages are redefined, making the editing moment, the « post-production », the heart of the work.

 

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(FR) Entre trace et image

Héritage de la critique de la peinture des avant gardes des années 60 (Arte Povera, BMPT ou Support-Surface) en même temps que née de la pulsion personnelle, la peinture commence par un geste destructeur. Je veux désarmer la toile/le bois (supports durs pour utiliser raclettes, brosses, balais et truelles) avant qu’elle devienne image. Ces gestes, étalements de peinture sur des supports indéfinis (plancher, mur, planche, table, etc.) sont à la fois un désaveu de la technique et une résistance à la fixation propre à la peinture.

Après cette ouverture, je commence à construire, en négatif. Des fragments sont recouverts et cachés au fur et à mesure pour révéler une composition. Trouvant les sujets de la peinture dans ce qui m’entoure (encyclopédies, photographies, images du web) ou des formes trouvées par le dessin, l’image se dévoile à la fin.

« Crawling back »: je rampe chaque fois sur un chemin pour m’extraire d’un endroit détruit et informe à la recherche d’une forme stable, vers un espace intelligible et composé.

 

Une démarche documentaire héritée de l’atelier

En parallèle de ce travail pictural, je travaille depuis 2011 à la production de documentaires. Partageant ce même attrait pour l’esthétique et le concept de « périphérie » (entre autres depuis ma formation en sciences humaines), ma pratique documentaire explore des questions autour de la mémoire et l’identité personnelles et collectives.

Créer en grande partie à partir de fragments, de glanages hybrides (archives, sons, discours), ma pratique vidéo est issue d’une critique matérialiste hérité d’un mouvement structuraliste anglais (contre les codes dominants du cinéma) en même temps que d’une nécessité de narration, de construire des discours, de faire cinéma dans un monde saturé de micro-récits destinés à être consommés universellement. Dans cette approche mise en pratique pour des travaux longs, les étapes de productions sont redéfinis faisant du moment de montage, la « post-production », le cœur du travail.